LA NEWSLETTER DU SAMA D’OCTOBRE 2018



                 
 
RAPPORT D’ACTIVITE DU SECRETAIRE GENEAL DU SAMA 2e PartiePOUR L’ASSEMBLEE GENERALE DU SAMA DU SAMEDI 30 JUIN 2018
 MOT DU PRESIDENT

En la belle après-midi du samedi 6 octobre 2018, j’ai assisté avec Louis REYMONDON au baptême de la promotion 2017 des futurs médecins des armées.

La petite fille par alliance d’Henri ROUVILLOIS a remis le fanion. C’est donc le père de la chirurgie de guerre « moderne » qui a été honoré et aussi un artisan de l’évolution de la manœuvre sanitaire pendant la première guerre mondiale dont nous allons commémorer le centenaire de la fin le 11 novembre prochain.

La Ministre des Armées Florence PARLY a rappelé que le SSA est un rouage essentiel de la protection de nos forces et par là même est indispensable au succès des Armes de la France. Elle s’est engagée à lui donner les moyens pour rester au plus haut niveau de compétence et d’efficacité. Cependant la société change, la « santé » évolue et le SSA doit faire en sorte de profiter de ces transformations. 

Toutes les écoles de santé militaires, d’officiers et de sous-officiers, sont désormais regroupées à LYON-BRON ; une plaque a été dévoilée dans le hall d’honneur de l’école   

 Vous lirez la seconde partie de mon intervention à la dernière AG. Il me semble important de répondre aux interpellations de nos camarades.

Dr Gérard DESMARIS   

Rapport d’activité du Secrétaire général – Dr Gérard DESMARIS – 2e Partie

Chaque année nous parviennent des coups de gueule.

Je commencerai par celui d’Yves PIRAME publié dans le Quotidien du médecin du 6 juillet 2017 et repris sans commentaire par la direction de la communication du ministère. Entré en 1948 dans la section coloniale de l’école de Lyon. il dit avoir, en 1976, « quitté l’uniforme » (sic) « parce qu’il considère toujours appartenir au service et concerné par son destin. » Il est aussi à 89 ans la mémoire vivante du SAMA.

Dans ce coup de gueule il déclare que le corps de santé des armées n’est plus digne des devises des écoles de Lyon et Bordeaux, qu’après un long chemin de croix le service est à l’agonie. Il interpelle les lecteurs : « qui se souvient que nous avons été des milliers, pendant plus d’un siècle sur tous les continents … pour jeter les bases des structures sanitaires dont héritèrent nos anciennes colonies. ».

A la suite de quoi, beaucoup de nos camarades abondent dans ce sens, amers et peu optimistes pour le futur. 

J’ai un grand respect pour Yves et comme nous tous de l’affection. Qu’il pardonne au jeunot de 67 ans que je suis d’avoir une perception quelque peu différente.

Il est assez habituel d’idéaliser le passé, vu comme un âge d’or. Je rappellerai d’abord que ces pionniers de la médecine militaire tropicale ont exercé dans des conditions difficiles avec peu de moyens. Nos illustres anciens ont souvent dû batailler avec leurs autorités de tutelles, d’avantage encore avec la doxa médicale de l’époque. Pensez à Maillot, Laveran, Jamot.

Bien évidemment, le SSA s’est transformé sous la pression des évènements : les conflits mondiaux puis post coloniaux, la menace soviétique, les opérations extérieures de maintien de la paix, la lutte contre le terrorisme…Le service actuel est bien différent de celui que j’ai connu lors de mon entrée à l’ESSA de Lyon en 1969 et de celui que j’ai quitté en 1999. Pour autant peut-on parler d’agonie ?

La question que l’on doit se poser en tant que citoyen est de savoir dans quels domaines le SSA est indispensable au soutien de nos armées et quels sont les moyens susceptibles d’accroître son efficacité.

Il y a deux semaines je participai, comme conseiller d’une PME, au salon international de l’armement et de défense Eurosatory. Le SSA français y avait un stand remarquable mettant bien en valeur ses savoir-faire, ses équipements, les productions médicamenteuses spécialisées de la pharmacie centrale. Un excellent guide sur les plateaux techniques de l’Institut de recherche biomédicale des armées était disponible. Je tiens à le dire au médecin général Christophe ROGIER qui représente aujourd’hui la Directrice centrale mais est aussi Chef de la division expertise et stratégie santé de défense.

Au cours de ce même salon j’ai activement pris part à une conférence sur le thème « paludisme et soldats ». Le paludisme est un fléau mondial qui touche des populations civiles. Il est normal que la lutte soit à notre époque menée dans un cadre international civil sous l’égide de l’UNICEF, de l’OMS, notamment son plan « roll back malaria ». Cependant, le paludisme reste une préoccupation de nos armées dont les soldats interviennent en régions de forte endémicité et dans des conditions d’actions bien particulières qui obèrent les capacités de prévention. Les pics observés lors des opérations Licorne, Sangaris et Harpie l’ont bien montré. Ceci justifie le besoin en épidémiologistes militaires à forte expertise. D’autre part, si la recherche sur cette maladie est désormais largement civile, le SSA y a encore sa place. Ainsi il reste le seul à détenir la capacité de cultiver le plasmodium vivax très présent en Guyane et l’Institut Pasteur de Cayenne, de son côté, dispose d’un bon plateau technique. Un partenariat s’est noué en 2012. C’est ainsi que le service gardera sa notoriété : avoir un atout maître qui permette de s’intégrer dans une collaboration avec des instituts publics ou privés, nationaux ou internationaux.

Autre coup de gueule : celui d’un ancien directeur du Centre de Traitement des Brûlés de l’hôpital Percy à Clamart, paru sur le site de l’Association de Soutien à l’Armée Française et relayé par nos adhérents. Ceci quelques jours après l’inauguration du nouveau centre par madame DARRIEUSSEQ, secrétaire d’état. Cet ancien directeur, tout en reconnaissant l’effort consenti pour cette rénovation et les améliorations apportées, met en garde car il y voit un prélude à la découpe du service, à la diminution du nombre de lits pour brûlés, à la démotivation des équipes longues à former et la disparition des recherches alors que ce service a été pionnier par exemple sur la culture de peau. 

Nous serons bien entendu attentifs à l’évolution de ce service qui reste stratégique pour les armées. Les brûlures chez les polytraumatisés, les brûlures chimiques ou radiologiques sont des domaines où l’expertise militaire est essentielle. Si le CTB de l’hôpital Percy a été le premier centre français à proposer la couverture par épiderme de culture pour soigner les brûlures massives et reste aujourd’hui l’un des deux seuls centres français à pratiquer cette technique d’exception, je constate que la recherche civile avance à grand pas. De la peau humaine bio-imprimée en 3 D a été produite dans le cadre du projet DRF impulsion du CEA qui fédère plusieurs laboratoires. Son intérêt n’a pas échappé au professeur Odile DAMOUR des Hospices Civils de Lyon, spécialiste des modèles cutanés innovants.

Autre De Profundis récité par notre camarade Pierre LEROY pour l’HIA Desgenettes. Il fait suite à la signature, en décembre 2017, du partenariat entre le SSA, les HCL et l’Université Claude Bernard aboutissant à la création de l’Ensemble hospitalier civil et militaire de LYON (EHCM).

Vous vous souvenez sans doute de la présentation du modèle SSA 2020 par le médecin général DÉTRÉ lors de notre AG de Toulon le 18 juin 2016. Il annonçait le recentrage du service sur le soutien opérationnel des forces, la création de deux grandes plateformes hospitalières militaires –une dans le midi, l’autre en Ile de France-ainsi que des établissements au format contracté et aux activités adaptées, fortement insérés dans leur territoire, développant des partenariats étroits avec les structures civiles.

Pour l’univers hospitalier lyonnais, ce partenariat se traduira par deux transferts majeurs entre trois sites emblématiques. Objectif assumé : faire coopérer civils et militaires pour rationaliser l’offre de soins. Ces restructurations sont complexes. Elles suscitent, c’est bien compréhensif, de l’inquiétude chez les personnels, tant civils que militaires, des hôpitaux concernés. Une des préoccupations, non avouée, est de savoir qui dirigera tel ou tel service, un militaire ou un civil ? Vous observez d’ailleurs la même difficulté entre civils pour la rationalisation de certains services des HCL ou de l’APHP, comme ceux des greffes. 

Enfin, je terminerai par un cri du cœur : « Monsieur Macron, médecin colonial, médecin des Troupes de Marine, je suis un criminel contre l’humanité, je suis un criminel contre l’humain, Monsieur Macron, bradeur d’histoire, j’ai la mémoire qui saigne. » Lettre ouverte faisant suite à une déclaration prononcée à ALGER.

Je peux comprendre la colère, l’émotion, de cet ancien car il touche au sujet douloureux de la colonisation, des relations compliquées entre français et algériens. La terminologie du droit international peut être violemment ressentie ; elle fait écho au procès de Nuremberg en 1945. Mais je ne crois pas que le Président MACRON pense qu’il y eut, à quelque époque que ce fût, « des médecins maudits » dans les armées françaises. Il s’agissait selon ses déclarations qui ont suivies la polémique, d’accepter l’héritage historique dans sa globalité donc avec sa part d’ombre, de demander pardon, mais pas de s’excuser. Dont acte

Le droit international évolue en permanence. Ce n’est qu’en 1998 que la communauté internationale est parvenue à un consensus sur la définition juridique des concepts de génocide, crime contre l’humanité, crime de guerre, couchés dans le statut de Rome. Il est difficile, juridiquement parlant, d’appréhender en soi le colonialisme comme crime contre l’humanité ; cependant, les conséquences inhumaines qui en découlent peuvent être, selon les juristes, ainsi qualifiées.

Le docteur Francis LOUIS a participé à l’excellent documentaire « Médecins de brousse » sur la lutte contre la maladie du sommeil au Congo, film diffusé il y a peu de temps sur Arte. L’ambivalence de l’action du médecin colonial est bien décrite. Il soignait la troupe, les colons, également les autochtones, certes dans un esprit humaniste mais, on ne peut le nier, aussi dans le but de préserver une force de travail. Je n’ose prononcer l’expression en usage à l’époque pour qualifier cette action de l’Action Médicale Indigène.

Je terminerai par des souhaits au moment où mon mandat de secrétaire général se termine ainsi que celui du président LONIEWSKI. L’attelage secrétaire général – président doit être solide. Mais il ne peut à lui seul assurer la pérennité du SAMA. Des bonnes volontés sont indispensables pour répondre aux questions qui nous sont posées ou dont nous devons spontanément nous saisir. Des dossiers très techniques comme celui des retraites, des reconversions, des réorganisations des services de santé, nous attendent. Le SAMA ne devrait pas être qu’un relai des angoisses mais une force de réflexion et de proposition.

Je vous remercie de votre attention.                                                                                   

Dr Gérard DESMARIS

Secrétaire Général du SAMA

Le repas de fin d’année du SAMA aura lieu le Samedi 15 Décembre 2018 à Paris à bord d’une péniche

6 lots de Bouteilles de Gevrey Chambertin seront offerts

Assemblée Générale du 30 Juin 2018

 Prochaine Assemblée Générale 2019 Dans quelle ville pourrait avoir lieu l’Assemblée Générale de Juin 2019 : Bordeaux, Rochefort, Lyon, St Aygulf ?…Votre avis nous intéresse et vos propositions seront les bienvenues !